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► CONTES SAUVAGES
GALERIE ANNIE GABRIELLI

26 JANV. > 17 MARS 2018

33 avenue François Delmas (av. de Nîmes) MONTPELLIER

SOLO EXHIBITION

dessins, céramiques, sculptures, spécimens


exposition entrée libre
du mercredi au samedi de 15h à 19h

Philtre de fantaisie et conte de faits

Il était une fois une artiste plasticienne qui aimait à s’approprier le réel pour donner naissance à des créatures et spécimens extraordinaires et surprenants, étranges et pourtant si familiers. Cette artiste, c’est Elia Pagliarino qui, dans son exposition Contes sauvages, se livre à une relecture du monde, de ses usages et de ses images, et de la culture, en les passant au filtre de sa fantaisie et de son imagination.

Considérant les éléments qui l’entourent comme les pièces d’un grand jeu de construction, elle associe, agence, greffe et combine les formes et les êtres pour façonner de nouvelles réalités. Là une femme se mue en faon et perroquet sur fond de paysage, là une harpie revisitée se montre dans son extériorité tout en dévoilant son intériorité, là une enfant à la tête de Bambi est parée d’un plastron aux joyeuses pendeloques inspirées des dessins animés et des jouets, là encore un homme, un oiseau à la main, arbore une tête de fruits, de fleurs et d’antennes de coléoptères.

Qu’il s’agisse des dessins, des sculptures, des vitrines ou des objets, il semble que, sous les doigts et les outils d’Elia Pagliarino, tout devienne possible : l’humain se mêle à l’animal ou au végétal dans des hybrides qui pourraient peupler les mythologies ou les récits fondateurs de demain ; l’animal devient machine ; les motifs populaires coexistent avec les formes savantes. Que ces compositions graphiques et narratives appartiennent aux séries Spécimens, Balises ou aux SUBAM, Sujet Utopiste Breveté Absolument Moderne, ou que ces configurations insolites se déploient dans de grands formats où le dessin précis et rigoureux rencontre une couleur utilisée de manière circonscrite ou sous forme de taches, elles ont en commun d’être les fruits de la déconstruction et la reconstruction du réel. Comme autant de petits arrangements avec le visible.

Si d’aucuns pourraient voir dans les dessins et volumes d’Elia Pagliarino des échos surréalistes, ce serait réduire les filiations et les enjeux artistiques qu’ils portent. En effet, à y regarder de plus près, combien de références et de citations à l’histoire de l’art et à l’histoire des sciences sont-elles faites, imprimant à la démarche de l’artiste une force visuelle et sémantique indéniable et la situant pleinement dans le dessin contemporain ? Cinabre, faïence de Delft, Rhinocéros de Dürer, odalisque ingresque, Ecce homo et ligne serpentine maniériste côtoient les tatouages de grandes marques actuelles et le portrait de Che Guevara dans des œuvres qui avoisinent les planches scientifiques des manuels et encyclopédies des siècles passés et les objets d’art aux origines repérables.

Ebranlant les catégories et les registres établis, ces rencontres nous invitent à une réflexion sur l’art et ses héritages formels comme sur nos comportements et notre relation au monde. Ainsi, les espèces en cours d’apparition et les hybrides nous interpellent-ils sur notre responsabilité face à la nature, à sa préservation et à sa manipulation.

C’est par le recours à des formes connues et des images-types puisées dans la culture partagée qu’Elia Pagliarino peut distiller dans ses œuvres, sous le sceau de la légèreté et d’une familiarité rassurante, un propos empreint de gravité. Assurément, il en va de sa démarche comme d’un conte : le sens profond ne se livre pas d’emblée, les valeurs et la morale ou les questionnements se saisissent en creux et entre les lignes. Telle une sorcière, une magicienne ou une bonne fée, l’artiste, en reconfigurant le monde et ses histoires, nous entraîne dans des récits visuels et sensibles qui nous parlent et nous bousculent, et dont la fin heureuse pourrait s’écrire ainsi : Et de nouveaux êtres remplacèrent les espèces éteintes ou dépassées…

Anne Dumonteil

 

► CONTES SAUVAGES
au Centre d'Art BELLEGARDE

17 NOV./21 DEC. 2017

17 rue Bellegarde, Toulouse (solo exhibition)

dessins, céramiques, spécimens


exposition entrée libre
du lundi au samedi : de 9h à 12h30 et de 13h30 à 18h (samedi 17h)


 

 

 

► PURE Autumn Art Fair
7 > 15 OCTOBER 2017

Battle, East Sussex, England


PRESS : FEATURED ARTIST Elia Pagliarino :
click >Article Pure Arts by Lesley Samms / August 2017 Article Pure Arts by Lesley Samms / August 2017 

CATALOG (extracts) :
 

 
 

► FIGURATION CRITIQUE
11 > 15 OCTOBER 2017

Bastille Design Center, Paris XI